Certains vont se dire "ah encore un
bouquin d'heroic fantasy". Ou un truc de ce goût là. Et l'affaire sera close, pas la peine d'accorder une seconde d'attention de
plus à ce malheureux bloc de papier.Je n’ai pas lu grand-chose dans le genre fantasy, juste le Seigneur des Anneaux et les Annales du Disque-Monde. J’en ai conclus que la fantasy devait regrouper ce qui se passe dans un univers plus ou moins médiéval, avec des humains, des sorciers, des nains, des ogres, des trolls et autres créatures.
Ca c'est ma définition personnelle basée à partir de deux exemples. Malgré ce petit descriptif sûrement très complet (hé hé), je me suis dit que pour un peu plus de sérieux j'allais le vérifier avec une vraie définition de ce qu'est vraiment la fantasy (et j'étais quand même pas si loin que ça!). Et c'est ainsi qu'on apprend que les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett ne sont pas de la simple fantasy mais de la light fantasy, autrement dit une parodie du genre, de l'humour quoi. En gros.
Mais tout ce classement c'est un peu débile, et surtout dommage quand la fantasy est connotée "trucs-avec-de-grandes-quêtes-et-des-combats-héroïques-légèrement-chiant-sur-les-bords". Si je devais classer les Annales, je dirais simplement que c'est de la "fantaisie".
Bref, tout ça c'était quand même pour vous dire que ces bouquins sont très sympas à lire et généralement drôles, et que vous pouvez faire abstraction de leur appartenance géopolitico-littéraire.
Va-t-en-guerre , 21ème livre des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett
1ère page :
" C’était une nuit sans lune, idéale pour ce que voulait faire Solide Jacquard.
Il pêchait le calmar curieux, ainsi dénommé parce qu’en plus d’être un calmar il était curieux. Entendez curieux de par sa curiosité.
Peu après avoir manifesté leur curiosité envers la lanterne que Solide avait accrochée à la poupe de son bateau, les calmars devenaient curieux de la façon dont
divers congénères disparaissaient brusquement vers la surface dans un éclaboussement.
Certains étaient même curieux – très brièvement- de voir de plus près le bidule pointu à barbillon qui leur fonçait dessus à toute vitesse.
Le calmar curieux était terriblement curieux. Mais hélas peu doué pour additionner deux et deux. "
Une petite discussion sur la guerre
"C'était... plus facile, mon capitaine. Plus facile que flic, j'veux dire. J'veux dire, on est des soldats, quoi, et les autres connards, c'est l'ennemi. On marche
dans un grand champ et on se met en formation rectangulaire, puis un type avec un casque à plumes donne un ordre et on se met en formation de grandes flèches...
- Dieux du ciel, on fait vraiment ça? Je croyais que c'était uniquement une manière de dessiner les plans de bataille!
- Ben, l'vieux duc, mon capitaine, il faisait ça comme dans le manuel... N'importe comment, le principal, c'est de surveiller ses arrières et de cogner sur tous les gus qui portent pas l'bon
uniforme." (...)
Il fouilla dans une poche et en sortit un tout petit livre qu'il brandit pour qu'on le voie bien.
"Ca, c'était à mon arrière-grand-père, dit-il. Il a participé au casse-pipe contre Pseudopolis et mon arrière-grand-mère lui a donné ce bouquin de prières pour les soldats, parce qu'on a besoin
de toutes les prières possibles, vous pouvez m'croire, et il l'a rangé dans la poche du haut de son pourpoint, vu qu'il avait pas les moyens de porter une armure, et le lendemain, à la
bataille... zip, une flèche sort de nulle part, vlan, elle se plante en plein dans son livre et le traverse entièrement jusqu'à la dernière page avant de s'arrêter, regardez. On voit l'trou.
- Un vrai miracle, reconnut Carotte.
- Ouais, un miracle, j'suppose", fit le sergent. Il contempla d'un air de regret le volume défraîchi. "Dommage qu'il ait laissé passer les dix-sept autres tout d'même." (...)
"Ben, moi, j'suis toujours revenu avec mon bouclier, fit Chicard. Aucun souci d'ce côté-là.
- Chicard, soupira Côlon, tu revenais avec ton bouclier, ceux de tout l'monde, un sac de dents et quinze paires de godasses encore chaudes. Dans une charette.
- Be-en, ça vaut pas l'coup de s'pointer à la guerre si t'es pas du côté des gagnants, dit Chicard en se plantant la plume blanche dans le casque.
- Chicard, t'étais tout l'temps du côté des gagnants pour la bonne raison que tu rôdais à la périphérie pour voir qui gagnait et qu'ensuite t'enlevais le bon uniforme à un pauvre couillon mort.
On disait que les généraux gardaient un oeil sur ce que tu portais, comme ça ils savaient de quel côté tournait le vent d'la bataille.
- Des flopées d'soldats ont servi dans des flopées d'régiments.
- Exact, c'est vrai ce que tu dis. Mais pas durant la même bataille d'habitude."
On retrouve de temps en temps les mêmes personnages, mais en général vous pouvez en lire un livre indépendamment des autres. Et je peux en
prêter.
Et les dessins sont un peu... particuliers, pas moches carrément mais...
Merci Clément de m'avoir fait découvrir ces chouettes bouquins!

Je coupe le ruban, je lance la
bouteille de champagne contre mon ordi et je danse autour en hurlant et en lançant du riz!
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